Mardi 1 décembre 2009
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Une barrière ondoyante s'incline tout près du sol et des blocs de pierre. Veut-elle mieux
entendre les frémissements de la végétation, le bruissement des insectes parmi cette harmonie champêtre ?
Les arbres paraissent osciller, se pencher eux aussi vers la terre. Calme, une paysanne est occupée à un ouvrage qui lui permet de veiller sur un animal qui ne s'éloigne pas de la présence
rassurante de cette femme assise dans un enclos qu'une autre barrière, immobile celle-là, sépare des maisons à l'arrière-plan.
Un paysage végétal et paisible que Gauguin, "homme rustique", réalise ici et qui me rappelle ce beau vers de Baudelaire : "Les parfums, les couleurs et les sons se
répondent."
"Avant d'être l'homme sauvage, Gauguin est l'homme rustique. Où qu'il aille (Bretagne, Martinique), il s'attache aux forces vives de la terre. Dans la tradition, instaurée par J.-F. Millet et les
peintres de Barbizon, développée par Pissarro au sein de l'Impressionnisme, et qui a laissé une profonde empreinte sur lui."
(Bibliographie : "Paul Gauguin" par Jean-Jacques Lévêque. ACR
Édition, 2003).
"La Barrière" de Paul Gauguin
Par Aurore
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Publié dans : Peinture
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Samedi 21 novembre 2009
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14:31
"Le premier regret
..................................................
Un arbuste épineux, à la pâle verdure,
Est le seul monument que lui fit la nature ;
Battu des vents de mer, du soleil calciné,
Comme un regret funèbre au cœur enraciné,
Il vit dans le rocher sans lui donner d'ombrage ;
La poudre du chemin y blanchit son feuillage ;
Il rampe près de terre, où ses rameaux penchés
Par la dent des chevreaux sont toujours retranchés ;
Une fleur au printemps, comme un flocon de neige,
Y flotte un jour ou deux ; mais le vent qui l'assiège
L'effeuille avant qu'elle ait répandu son odeur,
Comme la vie avant qu'elle ait charmé le cœur !
Un oiseau de tendresse et de mélancolie
S'y pose pour chanter sur le rameau qui plie !
Oh ! dis, fleur que la vie a fait sitôt flétrir,
N'est-il pas une terre où tout doit refleurir ?
Remontez, remontez à ces heures passées !
Vos tristes souvenirs m'aident à soupirer !
Allez où va mon âme ! allez, ô mes pensées !
Mon cœur est plein, je veux pleurer !"
(Lamartine : "Le premier regret". Extrait de "Graziella".
(Bibliographie : "Graziella - Raphaël" de Lamartine. Librairie Gründ, Paris).
"Rochers" (1906) de Rubaldo Merello
Par Aurore
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Publié dans : Poésie
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Vendredi 20 novembre 2009
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07:52
Mary Cassatt (1844-1926), personnage paradoxal, Américaine qui a choisi de vivre en France,
artiste peintre reconnue par le Salon de Paris, "célibataire guindée et conventionnelle" sans descendance, consacre son œuvre à la mère et à l'enfant.
Degas, le misogyne, la parraine auprès des Impressionnistes. C'est la deuxième femme (après Berthe Morisot) à être admise au sein de ce groupe. Plus tard, Degas dira à un ami en parlant de Mary
Cassatt : "Je n'admets pas qu'une femme dessine aussi bien" !
En 1880, elle travaille avec Degas, Pissarro et d'autres peintres à une revue de gravures originales : "Le Jour et la Nuit" qui ne paraîtra jamais. Mais ses essais lui permettent de
retrouver les techniques de la gravure qu'elle avait étudiées à Parme, dix ans plus tôt.
La réputation de Mary Cassatt continue de grandir en France mais son talent n'est pas reconnu aux États-Unis. Elle constate avec amertume que ses compatriotes n'apprécient guère ses
toiles...
(Bibliographie : "Mary Cassatt" par Jay Roudebush. Traduit de l'américain par Marie-Hélène Agüeros. Flammarion, 1980).
"Jeune Mère dans le jardin" de Mary Cassatt
Par Aurore
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Publié dans : Peinture
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Vendredi 20 novembre 2009
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07:32
Ambroise Vollard, dans "Souvenirs d'un marchand de tableaux", écrit que Mary Cassatt,
peintre et graveur, n'aimait pas mettre ses propres œuvres en valeur dans le monde.
"Dans une exposition impressionniste où Mary Cassatt prenait véhémentement partie pour ses camarades :
- Mais, dit quelqu'un, s'adressant à Mary Cassatt sans savoir à qui il parlait, parmi tous ceux que vous citez, vous oubliez un peintre que Degas place très haut...
- Qui donc ? fit-elle, très étonnée.
- C'est Mary Cassatt.
Sans fausse modestie, très naturellement, elle eut cette exclamation :
- Ah bah !
- Ça doit être une femme-peintre ; elle est jalouse, murmura l'autre en s'en allant."
(Bibliographie : "Mary Cassatt" par Jay Roudebush. Traduit de
l'américain par Marie-Hélène Agüeros. Flammarion, 1980).
"Jeune Femme lisant" de Mary Cassatt
Par Aurore
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Samedi 14 novembre 2009
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2009
18:41
C'est l'une des dernières scènes peintes par Michel-Ange sur la voûte de la Chapelle
Sixtine, dans la Cité du Vatican.
Dieu, sous l'apparence d'un robuste vieillard à la barbe blanche, soutenu par un groupe d'anges, dans le tourbillon d'une immense cape, s'apprête à insuffler la vie au premier Homme de la
Création. Il tend son index vers la main d'un adolescent nu, athlétique, qui mollement se soulève sur un coude pour naître à l'existence.
Dans cet espace dépouillé, le regard se porte sur ce mouvement, mis en pleine lumière, d'une énergie dominatrice chez le Créateur qui attire inexorablement à sa rencontre la main hésitante de la
première créature humaine. Sous le regard imposant et magnétique du Dieu qui ordonne, l'adolescent semble s'animer lentement...
La recherche de l'excellence hante Michel-Ange toute sa vie et l'un de ses contemporains, Giorgio Vasari, dessinateur, peintre, architecte, collectionneur et écrivain d'art, note : "... je
sais que peu avant sa mort, il brûla de sa propre main d'innombrables esquisses, dessins et cartons pour que nul n'apprenne les efforts accomplis et les difficultés que son talent avait
affrontées, et pour que jamais on ne le vit autrement que parfait."
(Bibliographie : "Michel-Ange" par Eugène Müntz. Sirrocco, Londres. UK édition
française, 2006).
"La Création
d'Adam" (1510-1511) de Michel-Ange
Par Aurore
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Mercredi 11 novembre 2009
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15:02
"La mort des oiseaux
Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
À la mort d'un oiseau, quelque part dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur un ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?"
(François Coppee).
"La Pie" (1868-1869) de Claude Monet
Par Aurore
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Dimanche 8 novembre 2009
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19:30
Michel-Ange (1475-1564), génie artistique, peintre, sculpteur, architecte et poète, fils
d'un modeste fonctionnaire de la petite noblesse florentine nommé podestat, c'est-à-dire premier magistrat, d'Arezzo, en Toscane, aurait pu suivre le parcours de ses frères qui se sont
orientés vers le domaine du commerce de la soie. Mais la mort de sa mère, lorsqu'il a six ans, le transforme en "enfant difficile, taciturne, acariâtre et insolent".
Placé dans une famille de tailleur de pierre, il apprend à extraire des blocs dans la carrière voisine. Plus tard il déclarera que cette expérience est à l'origine de son art. L'enfant est
d'une grande intelligence et d'une extrême sensibilité. Son père l'envoie étudier auprès de Francesco d'Urbino, fin grammairien, qui "lui permet de s'ouvrir à la beauté des arts de la
Renaissance."
Michelangelo entre à treize ans dans l'atelier de Domenico Ghirlandaio, peintre très doué pour les fresques, où il apprendra le dessin et la peinture. Ghirlandaio découvre
rapidement que son élève et apprenti est un "génie en herbe."
(Bibliographie : "Michel-Ange" par Eugène Müntz. Sirrocco, Londres, UK
édition française, 2006).
Voici "Le Déluge", deuxième panneau de la voûte de la Chapelle Sixtine, dans la Cité du Vatican, où l'on voit, en arrière-plan, les personnages qui
ont pris place dans l'arche de Noé, le vaisseau que Yahvé lui ordonna de construire. D'autres hommes, femmes et enfants nus, épouvantés, épuisés, se pressent dans de périlleuses embarcations,
s'entraidant, se soutenant.
La sobriété du spectacle des arbres dénudés, de la terre ravagée par cet inexorable déluge renforce la vision cauchemardesque de ces groupes d'êtres humains hésitant entre effroi et espérance
face au cataclysme auquel ils ont survécu.
"Le Déluge" (1508-1512) de Michel-Ange
Par Aurore
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Publié dans : Peinture
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Dimanche 1 novembre 2009
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2009
18:22
Henri Laborit (1914-1995), dont les découvertes transformeront la médecine contemporaine,
s'intéresse, entre autres, à une molécule : la chlorpromazine qui deviendra le principe du premier "tranquillisant" du monde. Ce passionné de biologie a une "âme de flibustier" et ne
peut qu'être attiré par cette science encore récente en 1945.
Auteur de recherches sur les problèmes biologiques du comportement humain et sur l'hibernation artificielle, il "aspirait à devenir peintre ou poète sans songer toutefois à révolutionner
l'expression artistique de son époque."
Mais voici une anecdote qui démontre le caractère frondeur de celui que l'on nommera le père de la "neuropsychopharmacologie" :
"Les Américains sont arrivés en Afrique du Nord et j'ai été désigné pour Oran à l'infirmerie de la caserne du port. Je dépendais d'un médecin-chef. Ce ne sont pas des mauvais bougres ces
gars-là, ce sont des insuffisants techniques, ce qui est dramatique. J'avais une salle à l'hôpital militaire où j'opérais bénévolement des marins, ce qui a déplu à mon supérieur. Ne lui plaisait
pas non plus que le matin je me lève à 6 heures pour monter à cheval et que j'arrive en bottes à l'infirmerie. Il voyait rouge. Un beau jour, on me convoque à la direction et on me dit : la seule
chose qu'on vous demande actuellement, c'est d'être un bon médecin-major. Après la guerre vous ferez de la chirurgie. [...] Je rentre en période maniaque et peu de temps après j'apprends que le
directeur du service de Santé doit passer par l'infirmerie de la caserne. Je vais aussitôt trouver un vieux second maître que j'avais vu plusieurs fois le dimanche sur le bout de la digue pêcher
avec un grand chapeau de paille, une canne et une boîte à asticots verte. Je lui demande de me prêter ses instruments. À une heure de l'après-midi, je me mets à la porte de l'infirmerie en
uniforme, avec le chapeau de paille, la boîte d'asticots en bandoulière et la canne à pêche à la main gauche comme une hallebarde. La voiture du médecin-général stoppe devant l'infirmerie,
j'ouvre la porte et je présente les armes avec ma canne à pêche. J'ai cru qu'il allait avoir un infarctus. Il me dit de prendre les arrêts."
Le grand public découvrira Henri Laborit par ses livres de grande diffusion, publiés à partir de 1968, et surtout grâce au film d'Alain Resnais : Mon Oncle
d'Amérique.
(Bibliographie : "L'Alchimie de la découverte" par Fabrice Rouleau / Henri Laborit. Éditions Grasset et Fasquelle, 1982).
Henri Laborit
Par Aurore
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